La traduction littéraire présente une difficulté particulière : la fidélité au texte original n’implique pas toujours une traduction littérale.
Une expression peut parfaitement fonctionner dans un roman espagnol et paraître artificielle en anglais. Un jeu de mots peut complètement perdre son effet en français. Une référence culturelle peut être évidente pour le lecteur original et inconnue pour un lecteur étranger.
Jusqu’où peut aller une adaptation sans transformer la traduction en une œuvre différente ?
Traduire fidèlement une œuvre, ce n’est pas forcément en copier la structure
Une traduction trop littérale peut préserver les mots de la langue d’origine, mais perdre une partie de l’effet produit.
L’ordre des phrases, la structure des dialogues, le rythme et certaines expressions ne fonctionnent pas nécessairement de la même manière dans toutes les langues.
Ainsi, une traduction littéraire professionnelle fidèle n’implique pas toujours de maintenir uniquement le sens immédiat de chaque phrase. Il s’agit également de préserver autant que possible le ton, l’intention et la manière dont fonctionne le texte pour le lecteur.
Un roman avec un narrateur mordant doit garder cette qualité dans la traduction. Un personnage ironique doit conserver le même ton. Et une scène délibérément malaisante ne devrait pas devenir neutre parce que la traduction en a adouci le langage.
Qu’en est-il des références culturelles ?
Tout dépend de leur fonction au sein de l’œuvre.
Une référence à un lieu, une coutume, un aliment, une personne célèbre ou une expression populaire peut faire partie de l’identité culturelle du texte.
Un remplacement automatique par une référence équivalente du marché cible risque de modifier l’ambiance du texte, voire changer des informations pertinentes concernant les personnages.
Mais le simple fait de la conserver ne garantit pas non plus qu’elle aura le même effet.
La décision dépend de si le lecteur a besoin ou non de comprendre cette référence pour suivre l’histoire, saisir une blague ou interpréter correctement une scène.
C’est pourquoi il n’existe pas de solution unique.
Dans certains cas, il sera judicieux de conserver la référence originale. Dans d’autres cas, il faudra trouver une formulation qui permette de la comprendre sans modifier inutilement le texte.
Les jeux de mots sont un excellent exemple.
Il est pratiquement impossible de traduire un jeu de mots mot à mot.
Si l’effet dépend du double sens ou de la sonorité similaire de deux termes dans la langue d’origine, il peut disparaître complètement lors de la traduction.
C’est là qu’il faut prendre une décision importante.
Est-il plus fidèle de conserver les mots exacts utilisés, même si cela fait disparaître le jeu de mots ? Ou bien faut-il chercher une autre solution permettant de produire un effet similaire sur le lecteur ?
Parfois, il convient précisément de se détacher des mots précis du texte original pour en préserver l’intention.
C’est l’une des raisons pour lesquelles la traduction de romans et de récits ne peut se réduire à la simple recherche d’équivalences entre les termes.
Et qu’en est-il de la façon de parler des personnages ?
Cette situation peut également poser quelques problèmes.
La façon de parler d’un personnage peut fournir des informations sur son âge, sa personnalité, son contexte social, son origine ou l’époque dans laquelle il vit.
Une traduction littérale de certaines expressions peut créer des dialogues artificiels ou véhiculer des associations qui n’étaient pas présentes dans le texte original.
Mais il y a également des risques à pousser cette adaptation trop loin
Par exemple, attribuer à un personnage une variante régionale très marquée dans la langue cible peut ajouter des connotations géographiques ou sociales que l’auteur n’a jamais prévues.
L’objectif ne doit pas être de remplacer automatiquement une façon de parler par une autre, mais de comprendre la fonction qu’elle remplit dans le récit et de trouver une solution cohérente.
Et le style de l’auteur ?
Le style fait également partie de la traduction.
Certains auteurs construisent des phrases longues et complexes ; d’autres emploient des structures très courtes. Certains répètent délibérément certains mots, tandis que d’autres fondent une partie de leur écriture sur le rythme, l’ambiguïté ou le choix d’images spécifiques.
La transposition de tous ces styles en un ton uniforme dans la langue cible reviendrait à perdre une partie de ce qui différencie une œuvre d’une autre.
Par conséquent, une traduction plus naturelle ne signifie pas une standardisation du texte.
Le naturel doit coexister avec les particularités stylistiques de l’original.
Littérature pour enfants : quand les mots ont aussi un son
La traduction de contes pour enfants et de littérature jeunesse introduit également d’autres éléments.
Dans la littérature pour enfants, le texte peut être destiné à être lu à voix haute. Les rimes, les répétitions, les onomatopées, les jeux sonores ou les mots inventés peuvent être aussi importants que leur signification.
Une traduction peut transmettre correctement l’information, mais le texte ne fonctionnera pas s’il a complètement perdu son rythme.
Il peut également exister une relation directe entre un texte et une illustration.
Si une image constitue la base d’une blague, d’une rime ou d’un jeu de mots, le traducteur a moins de liberté pour modifier certains éléments.
En revanche, dans la littérature jeunesse, les dialogues et registres doivent paraître naturels au public visé, sans introduire d’expressions qui modifient la personnalité des personnages ou le contexte de l’histoire.
Une adaptation implique-t-elle de modifier une œuvre ?
Pas nécessairement.
En traduction littéraire, l’adaptation n’implique pas de réécrire librement le texte ni de modifier le message que l’auteur a voulu transmettre.
Il s’agit plutôt de reconnaître que chaque langue possède des ressources différentes, et que la reproduction exacte d’une structure linguistique ne permet pas toujours d’en préserver l’effet.
La limite consiste à ne pas ajouter de significations, d’intentions ou de caractéristiques qui n’étaient pas présentes dans l’original.
Pour délimiter cette frontière, il peut être judicieux de se poser la question suivante : cette décision permet-elle la transposition d’un élément déjà présent dans l’œuvre ou introduit-elle un élément nouveau ?
Qui décide de ce qui reste et de ce qu’il faut adapter ?
Le traducteur joue un rôle fondamental, mais ce n’est pas le seul facteur.
Le genre, le public, les caractéristiques de la maison d’édition, le marché cible et les indications de l’auteur ou de l’éditeur peuvent influencer certaines décisions.
Par conséquent, un service de traduction littéraire ne devrait pas aborder de la même manière un roman historique, un livre illustré, une saga fantastique ou une œuvre jeunesse contemporaine.
Une agence spécialisée en traduction littéraire doit être capable de sélectionner des professionnels adaptés à la combinaison linguistique, au genre et aux caractéristiques spécifiques de l’œuvre.
Alors, que doit préserver une traduction littéraire ?
Il n’existe pas de formule applicable à tous les livres.
Mais l’objectif est très clair : permettre au lecteur de la langue cible d’accéder à l’œuvre sans perdre inutilement ce qui la définit.
Notamment sa signification, mais aussi sa voix, son ton, ses personnages, son rythme et ses choix stylistiques.
Pour certaines phrases, il faudra rester très proche du texte original pour y parvenir.
Dans d’autres cas, il sera nécessaire de s’éloigner de certaines tournures pour mieux en préserver l’effet.
L’essentiel est de le faire dans un but bien précis.
Questions fréquentes
Non. Une traduction trop littérale peut produire des structures artificielles ou faire disparaître les nuances, les jeux de mots et les effets présents dans l’original. La priorité est de préserver le sens et, autant que possible, la fonction que remplit le langage au sein de l’œuvre.
Les expressions, les jeux de mots, les références culturelles, les registres ou certaines ressources linguistiques peuvent nécessiter une adaptation lorsqu’il n’existe pas d’équivalent direct qui fonctionne dans la langue cible.
Oui, mais il ne faut pas non plus les remplacer automatiquement. Cette décision dépend de l’importance de la référence pour l’histoire, les personnages, le cadre et la compréhension du lecteur.
Outre le sens, il est important de garder à l’esprit d’autres éléments comme les rimes, les sonorités, les répétitions, la lecture à voix haute ou la relation entre le texte et les illustrations.
Il est important d’allier maîtrise de la langue cible, compétences d’interprétation, connaissance des caractéristiques du genre et autres critères permettant de maintenir la cohérence linguistique et stylistique de l’œuvre.
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En tant qu’agence spécialisée dans la traduction littéraire, nous sommes en mesure de sélectionner le professionnel le plus adapté à chaque projet, tout en employant des processus de qualité et de révision certifiés ISO 9001 et ISO 17100.
Parce que la traduction littéraire ne se résume pas à faire un choix entre traduction littérale et adaptation. Il s’agit plutôt d’identifier ce qu’il faut préserver afin que l’œuvre conserve tout son sens dans une autre langue.
À propos de l’auteure
Laura González Toré, directrice du marketing et de la communication chez blarlo
Spécialisée en stratégie de contenu, communication numérique et internationalisation, elle travaille au positionnement de blarlo et au rapprochement de la traduction professionnelle avec les besoins des entreprises.



